Des garçons comme il faut de Serena Gentilhomme
Publié chez La Manufacture de Livres
Résumé :
Rome, 1975. Donatella Colasanti et Rosaria Lopez sont découvertes dans un coffre de voiture. Torturées et séquestrées pendant trente-six heures, l’une d’entre elles est déjà morte depuis plusieurs heures lorsque la police intervient. Les coupables ? Trois fils de bonne famille, riches, protégés et nourris d’un mépris social envers les femmes et la classe populaire.
Ce que l’on a appelé « le massacre du Circeo » dépasse le simple fait divers. Véritable séisme sociétal, il constitue un tournant de l’histoire italienne.
À propos de l'autrice :
Maîtresse de conférence de littérature italienne à l’Université de Besançon, Serena Gentilhomme est née en Italie. Elle a déjà publié, à La Manufacture de livres, Le Bourreau du Pape et Ce que ça fait de tuer.
Mon Avis :
Avant de commencer ce livre, je n'avais jamais entendu parler de l'affaire appelée "le massacre de Circeo". Cela s'est passé en Italie, à Rome, en 1975, je n'avais que 5 ans, ceci explique sans doute cela. Ce livre est donc très intéressant car il permet de savoir ce qu'il s'est passé. Et l'autrice va bien plus loin qu'un simple récit des faits, elle va plus loin dans la réflexion sur la société.
Dans une première partie, l'autrice raconte les faits. Deux jeunes filles, Donatella et Rosaria sont retrouvées dans un coffre de voiture. L'une est morte, l'autre vit encore. Elles viennent de vivre les trente-six heures les plus terribles de leur vie. Elles ont répondu à l'invitation de trois garçons, de la bonne société, leur donnant rendez-vous pour une soirée. Cette soirée va se transformer en cauchemar, les trois jeunes hommes abuseront d'elles, les maltraiteront, les tortureront, les violeront. Ils se déchaineront sur elles, sous l'emprise de drogue et d'alcool. Deux d'entre eux seront vite arrêtés après la découverte des jeunes filles, le troisième est en cavale. Ce drame, cette horreur, va ébranler toute la ville de Rome, surtout la bourgeoisie, car ce sont tous des "fils de", abusant ainsi de leur statut pour faire ce qu'ils veulent.
Dans une seconde partie, on va suivre l'enquête, les auditions des hommes, celle de Donatella. Les portraits de chaque jeune seront détaillés. Même si on essaie de chercher à comprendre pourquoi ils ont basculé dans une telle horreur, je trouve qu'il n'y a aucune circonstance atténuante. Ils sont mauvais, on ne peut rien faire contre, ce n'est pas l'argent de leur famille qui les sauvera. Et heureusement ! Cette seconde partie est intéressante à suivre pour voir les réactions des journalistes, des politiciens, des juges, des avocats.
La première partie m'a bouleversée, horrifiée. L'autrice raconte les faits sans fards, et en même temps avec pudeur et surtout respect pour les victimes. La seconde partie m'a révoltée face à certaines réactions, certaines phrases dites. On est en 1975, il y a cinquante ans, on ne faisait pas trop attention aux victimes, et les fils à papa pensaient pouvoir agir avec tout impunité, protégés par le statut social du père. J'ai trouvé cette seconde partie très intéressante.
Serena Gentilhomme a écrit ce livre comme une journaliste. Elle relate les faits comme on pourrait le trouver dans un journal. J'ai apprécié cette façon de faire. Cela lui permet de garder une distance et elle transmet cela à son lecteur. J'ai beaucoup aimé sa plume. Elle restitue très bien l'effroi du drame, l'horreur des actes. Elle relate les faits de manière très précise, surtout tout ce qui concerne les accusés, leur peine de prison et ce qu'ils sont devenus. Elle a dû faire un travail en amont important pour être si bien documentée. Elle ne verse jamais dans le pathos ou dans la légèreté, ni dans la moralité, elle raconte les faits tels qu'ils sont, elle nous fait rentrer dans la tête des victimes, mais aussi dans celle de leurs bourreaux.
C'est un récit percutant, poignant, terrible, on se doute de ce que cela a dû provoquer comme séisme dans la société italienne. Ce livre ne peut laisser indifférent, car cinquante ans plus tard, de telles horreurs peuvent encore arriver. L'autrice rend un bel hommage à toutes ces victimes, c'est un livre qui restera marqué dans ma mémoire. Il n'est pas très long, je l'ai lu d'une traite, tellement j'étais horrifiée et je voulais savoir si ces hommes allaient être jugés à la hauteur de leurs actes.
Je ne peux pas dire que j'ai aimé cette lecture par rapport au sujet, mais j'ai aimé la façon dont l'autrice me l'a raconté. Si vous ne connaissez pas ce drame, lisez ce livre, pour ne pas oublier, pour que ces victimes n'aient pas subi cela pour rien. Je n'avais encore jamais lu de livres de cette autrice, je pense la lire à nouveau..
Il ne me reste plus qu'à remercier Serena Gentilhomme pour ce moment de lecture intense. Et un grand merci à La Manufacture de Livres pour sa confiance en m'adressant ce service de presse.
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Des garçons comme il faut - Serena Gentilhomme
Un récit sur le fait divers italien du massacre du Circeo, véritable séisme médiatique national. 1975, à Rome, deux jeunes femmes sont découvertes dans un coffre de voiture après avoir été...
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