Allée des temps perdus de Daniel Dupuy
Publié aux éditions De Borée
Résumé :
Il faisait bien chaud, à Cavaillon, en ce samedi de juillet. Ce devait être une belle journée pour Bob et ses frères. Mais ce soir, leur père ne rentrerait pas...
Brutalement veuve, sans profession ni revenus, Marie doit désormais réorganiser l’ensemble de sa vie pour assurer le quotidien et l’éducation de ses quatre fils. À une époque où les femmes ont encore bien peu de droits, la jeune mère se retrouve confrontée aux dédales administratifs, aux difficultés sociales, et à la délicate recherche d’un emploi. Mais à ces nombreuses épreuves s’en ajoute une, bien plus terrible : assister, impuissante, au délitement de sa famille meurtrie par le deuil. Marie parviendra-t-elle à préserver les liens de la fratrie ?
À propos de l'auteur :
Daniel Dupuy est un écrivain français, né en 1950 dans le Gard. Il demeure en Vaucluse depuis près de 50 ans. Après des études de droit il entame des études d'Histoire, d'abord à la jeune Université d'Avignon, études qu'il poursuit à l'Université d'Aix-en-Provence où il obtient la licence et la maîtrise. Après une courte année à exercer en qualité de maître auxiliaire, il rencontre fortuitement le directeur d'une Cie d'assurance; il quitte l'enseignement de l'Histoire pour découvrir le monde de l'assurance où il passera quarante-deux ans en qualité d'agent général avant de prendre la retraite. Son premier roman, Fontcouverte, a obtenu le prix Charles-Exbrayat 2007.
Mon Avis :
Si vous suivez régulièrement mes chroniques, vous savez alors que j'ai une affection pour les éditio's De Borée qui publie des romans de terroir qui permettent de voyager dans notre beau pays. Avec ce roman de Daniel Dupuy, je suis partie à Cavaillon, ville que je connais que grâce à ses melons. J'ai découvert cet endroit à travers ce livre et l'histoire de personnages attachants.
On est donc à Cavaillon, en 1964, un samedi de juillet, le 25 exactement. Ce jour-là la vie d'une famille, les Duclos, va voler en mille morceaux. Henri, le père, ne rentrera pas comme d'habitude le soir. Et pour cause, il a été percuté par un camion alors qu'il roulait en mobylette pour se rendre à son travail. Il est mort sur le coup, laissant sa femme Marie, veuve, et ses 4 fils, agés de 5 à 18 ans, orphelins.
On peut imaginer comme le monde doit s'effondrer dans des moments difficiles. Marie se retrouve seule en charge de sa famille, de sa maison, et de tout ce que son mari prenait en charge. Elle va devoir batailler pour obtenir de l'argent. Les comptes bancaires du couple sont bloqués, et à cette époque, les femmes n'avaient pas le droit d'en avoir un, donc impossible pour elle de récupérer l'argent des comptes. Heureusement, elle va trouver sur son chemin des personnes qui vont l'aider dans les papiers, arriver à obtenir l'assurance vie contractée par Henri. Elle n'a jamais travaillé, elle veut trouver un emploi, mais elle n'a pas de permis de conduire non plus. En plus de cette situation administrative et pécuniaire difficiles, elle doit faire face à ses enfants, à leur bouleversement, à leur éducation. Leur parrain va prendre une décision pour eux qui va soulager Marie, mais pas les fils. Ils vont se retrouver à différents endroits de France, dans des casernes militaires. Seul Richard, le petit dernier, restera avec sa mère. Tout ça chamboule Marie, comme on peut se douter.
J'ai trouvé cette femme très courageuse. Je me suis facilement mise à sa place, et je ne sais pas comment je m'en serais sortie. Bon, heureusement, à l'heure actuelle, les femmes ont des droits, et des libertés qui leur permettent de tenir bon. Mais en 1964, c'est plutôt l'horreur pour elles. Ce n' est pas si loin que ça, 62 ans seulement, les femmes n'avaient pas le droit d'avoir un compte bancaire, si elles travaillaient, leur paie était verser sur le compte de leur mari, et pour travailler, elles devaient avoir l'autorisation écrite de leur mari ! J'étais scandalisée et stupéfaite... J'ai trouvé ce roman très intéressant sur ces sujets, montrant bien la difficulté des femmes à exister dans une société où elles avaient aussi envie de liberté.
J'ai suivi ainsi Marie tout au long de sa vie. On la suit de près les premières années puis celles-ci passent plus vite dans la narration. C'était vraiment très instructif de suivre l'évolution de cette femme. Je pensais également suivre les garçons dans leur deuil et leur parcours de vie, mais cela est très peu abordé, l'accent est surtout mis sur Marie. On ne retrouve la fratrie qu'à la fin, lors d'un moment particulier, où ils sont enfin les quatre réunis. La vie de leur mère a été tout le temps basé sur l'amour profond qu'elle ressentait pour son mari, c'est hyper touchant.
L'écriture est très belle, les descriptions des lieux sont bien faites, sans apporter de lourdeurs au texte, les émotions sont très bien retranscrites. Le livre se lit très bien, il est addictif car on a envie de savoir comment Marie va s'en sortir.
Allée des temps perdus est un beau roman du terroir que je vous recommande, où les émotions ont le rôle principal, qui décrit la condition féminine des années 60 avec beaucoup de réalisme, montrant l'injustice sociale que ces femmes vivaient. Rien que pour cela, ce livre est à lire.
Il ne me reste plus qu'à remercier Daniel Dupuy pour ce bon moment de lecture. Un grand merci également à Virginie et aux éditions De Borée pour l'envoi de ce roman en service de presse.
/https%3A%2F%2Fboutique.centrefrance.com%2F5646-large_default%2Fallee-des-temps-perdus.jpg)
Un roman intime qui retrace l'émancipation d'une jeune veuve dans la société patriarcale des années 1960. Un roman personnel, inspiré de la vie de l'auteur
https://boutique.centrefrance.com/de-boree/allee-des-temps-perdus-2866
/image%2F1607958%2F20171023%2Fob_6624ee_marie-nel.jpg)
/image%2F1607958%2F20260317%2Fob_8c611a_1000016275.jpg)


/image%2F1607958%2F20210319%2Fob_bd8535_logo-d-sp.png)
/image%2F1607958%2F20210319%2Fob_dc2346_40436296-906602682862556-5971094604139.jpg)
/image%2F1607958%2F20210319%2Fob_55f8da_pro-reader-120.png)