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Marie-Nel lit

La troisième violette de Stephen Crane

3 Novembre 2025 , Rédigé par Marie Nel

La troisième violette de Stephen Crane
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Publié aux éditions Le Domaine 

 

 

Résumé :

 

Billie Hawker, jeune peintre new-yorkais, est de retour pour l'été dans la ferme de ses parents. Il y retrouve un camarade, Hollanden, écrivain cynique et moqueur, qui séjourne à l'auberge où sont descendues des jeunes filles de la haute société. L'une d'elles, miss Fanhall, feint d'ignorer les marques d'intérêt maladroites du jeune homme. Mais un soir, elle arrache une violette d'un petit bouquet et la tend à Billie, qui ne sait comment traduire ce geste. De retour à New York, il retrouve la bohème qui dresse entre eux un mur infranchissable. Sans voir qu'il en élève un autre devant la jeune modèle dont les avances l'incommodent...

De même que La Conquête du courage offrait d'un épisode de la guerre civile une lecture iconoclaste, La Troisième Violette, inspiré des années de vache maigre de Stephen Crane (1871-1900) à la Ligue des étudiants en art, subvertit les conventions du roman sentimental. À cet inédit s'ajoutent quatre Croquis newyorkais où excelle l'ironie d'un écrivain qui fut aussi un brillant reporter.

 

 

À propos de l'auteur :

 

Quatorzième enfant d'un pasteur méthodiste, Stephen Crane est né en 1871 à Newark. Il publie ses premières nouvelles à 20 ans – il en écrira plus de deux cents. Jeune reporter, il explore les bas-fonds de New York et en tire un court roman, Maggie, fille des rues (1893). Mais c'est L'Insigne rouge du courage (1895), récit antihéroïque d'un épisode de la guerre civile, qui fait sa brusque renommée. En 1899 paraissent son second recueil de poésie, War is Kind, ainsi que son dernier roman, Active Service, inspiré de son activité de correspondant pendant les guerres gréco-turque (1897) et hispano-américaine (1898). Il meurt de tuberculose avant trente ans, en 1900, dans un sanatorium allemand. Henry James le tenait pour " un immense génie " et H. G. Wells le qualifiera en 1915 de " meilleur écrivain de langue anglaise des cinquante dernières années ".

 

 

Mon Avis :

 

 

Je n'avais jamais entendu parler de Stephen Crane avant d'avoir ce livre entre les mains. Il faut dire que cet auteur n'a pas publié beaucoup d'ouvrages, il est mort très jeune, à 29 ans, d'une tuberculose. Il a pourtant publié plus de 200 nouvelles. Grâce à cette nouvelle collection des éditions Archipoche, Le Domaine, des textes inédits d'auteurs disparus depuis longtemps reprennent vie. 

 

Dans ce roman, on est au milieu du 19ème siècle, Billie Hawker est un jeune artiste qui vit à New-York. Il retourne dans la ferme de ses parents pour passer l'été. Là, il y retrouve un ami, Hollanden, qui passe l'été aussi dans l'auberge du village. Il y séjourne aussi des jeunes filles de la bonne société qui se retrouvent avec Hollanden et Billie. L'une d'entre elles, miss Fanhall plaît beaucoup à Billie. Ils passent du temps ensemble, mais Billie est un peu gauche et impressionné par la jeune fille. Avant de se quitter à la fin des vacances, elle lui donne une violette. 

 

De retour à New-York, Billie retrouve ses amis artistes, fauchés eux aussi. Il reverra miss Fanhall, mais il se rendra alors compte de la différence qu'il y a entre eux deux et ne voudra plus la revoir. C'est là qu'elle lui donnera la troisième violette.

 

L'histoire de ce personnage montre avec beaucoup d'authenticité les différences de classe sociale, et l'impossibilité pour deux jeunes de milieux différents de se côtoyer. J'ai trouvé Miss Fanhall un peu pédante et abusant bien de son statut. Elle est un peu moqueuse face à un Billie emprunté et ne sachant que faire pour que la jeune fille le regarde et s'intéresse à lui. J'avoue que cela m'a peinée pour le jeune homme. 

 

Les personnages sont très bien travaillés et correspondent bien à la jeunesse d'alors. Les amis artistes sont truculents. J'ai trouvé l'ambiance très bien travaillée aussi, que ce soit pendant les vacances où tout est plus léger, ou que ce soit de retour à New-York, où la routine reprend, où la vie se fait au jour le jour, à gagner quelques sous pour pouvoir manger.

 

L'écriture de l'auteur est particulière. Les dialogues sont nombreux et partent parfois un peu dans tous les sens, j'avais du mal à m'y retrouver. L'auteur a une écriture très journalistique. Et en lisant sa biographie, je me suis rendue compte qu'il était effectivement reporter. Ce livre est construit comme plusieurs reportages justement, et sur l'analyse que porte l'auteur. C'est ce qui fait que l'histoire est un peu décousue, que le final aurait pu être plus concluant. Mais c'est aussi un texte très imagé où le lecteur arrive très bien à s'imaginer les scènes.

 

Il y a à la suite du roman, quelques courtes nouvelles qui sont des croquis de New-York. Pareil, elles sont très imagées, et donnent une idée de ce qu'était la vie à l'époque. 

 

J'ai passé un bon moment, je suis contente d'avoir découvert un auteur à la vie trop courte malheureusement pour pouvoir découvrir d'autres oeuvres. Il a écrit un livre qui a été apparemment un succès, je le lirai sûrement. 

 

En tout cas, cette collection est une très bonne idée. C'est toujours enrichissant de découvrir des auteurs peu connus. 

 

Il ne me reste plus qu'à remercier Babelio pour sa masse critique et les éditions Archipoche pour l'envoi. 

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