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Marie-Nel lit

Surface de Olivier Norek

19 Avril 2019 , Rédigé par Marie Nel Publié dans #Policier

Surface de Olivier Norek

Publié aux Éditions Michel Lafon

 

 

Résumé :

 

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.

Là-bas, personne ne veut de son enquête.

 

 

À propos de l'auteur :

 

Engagé dans l'humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, OLIVIER NOREK est l'auteur de la trilogie du capitaine Coste ( Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Avec Surface, il nous entraîne dans une enquête aussi déroutante que dangereuse. Un retour aux sources du polar, brutal, terriblement humain, et un suspense à couper le souffle.

 

 

Mon Avis :

 

Je viens de terminer ma lecture et les personnages me manquent déjà. Je vais essayer de ne pas trop user de superlatifs pour vous en parler, je suis juste époustouflée par l'aventure livresque que je viens de vivre. C'est le premier roman que je lis de Olivier Norek, alors qu'il en est déjà à son cinquième. Je suis contente d'avoir fait cette découverte. Tout est arrivé par hasard, au détour du salon Quai du Polar à Lyon, où j'ai essayé de faire dédicacer mon roman, mais la file d'attente était tellement importante que ça n'a pas pu se faire. Je comprends mieux maintenant pourquoi il y avait autant d'engouement autour de lui. Olivier Norek fait partie des grands noms du polar. Il a de nombreuses qualités en tant qu'écrivain et raconteur d'histoire, mais en plus, il est d'une profonde humanité, cela se ressent dans son écriture, dans ses personnages.

 

Il s'est glissé ici dans la peau d'une femme, capitaine de police, Noémie Chastain, et c'est plutôt réussi. Il a une telle sensibilité qu'il décrit très bien tout ce que peut ressentir son héroïne. Et il ne va pas être tendre avec elle. Le roman commence très fort, le ton et le rythme sont donnés. On est dans une voiture, on apprendra par la suite que c'est une ambulance, il y a du sang, beaucoup de sang, et énormément de panique de la part de la personne blessée. Et cette personne, c'est Noémie Chastain. Elle vient de se faire tirer dessus et en plein visage lors d'une opération d'arrestation. La moitié de son visage va être touché, elle va subir une lourde opération et va se trouver défigurée. La reconstruction va être lente, surtout sur le plan psychologique. Difficile de s'accepter comme elle est. Surtout quand son collègue et petit ami lui tourne le dos, n'arrivant pas à la regarder. Elle sera aidée par un psychiatre génial, Melchior. Après son hospitalisation, elle voudra réintégrer son équipe, mais sa hiérarchie ne l'entend pas de cette oreille et décide de l'envoyer dans un autre service, dans un village au fin fond de la campagne aveyronnaise. Soit disant pour aller se rendre compte de l'inutilité du poste de police et fermer celui-ci, mais Noémie le prend comme une mise au placard. Elle arrive donc à Decazeville, où il ne se passe jamais rien, où les seuls faits divers sont des égarements de personnes âgées aussitôt retrouvées. Un fût va être retrouvé à la surface du lac d'Avalone, contenant les restes d'un corps. Noémie va, avec ce corps, remonter à la surface des disparitions d'enfants vieilles de vingt-cinq ans, et avec elles, des secrets de village bien enfouis. L'enquête ne va pas être simple et les révélations nombreuses afin d'arriver à dénouer cet imbroglio.

 

On ne peut pas faire autrement que d'aimer Noémie. Pour sa force, cachant une extrême fragilité, et encore plus après son accident. Je me suis très vite attachée à elle, j'ai ressenti sa souffrance et toute sa volonté d'aller de l'avant, de continuer comme si de rien n'était. Mais pas facile avec une telle blessure, affronter le regard des autres, quand il n'est pas fuyant. C'est une femme de caractère, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, qui n'a pas sa langue dans sa poche non plus. Elle m'a impressionnée par son charisme et son courage. Les autres personnages provoquent tous des sentiments, que ce soit d'amitié ou non. J'ai aimé le psychiatre, Melchior, pour ses conseils de vie à Noémie, ses jeux de mots. J'ai aussi aimé le duo de policiers qui travaillent pour Noémie à Decazeville, Milk et Bousquet. Ces deux là apportent une bonne dose d'humour, ont parfois des réparties à la Michel Audiard qui font sourire et créent une bulle d'oxygène dans toute cette tension. Ce sont tous des personnalités qui marquent, que j'aurais beaucoup de mal à oublier.

Le travail de l'auteur est, quant à lui, impressionnant. Bien sûr, on sent l'ancien capitaine de police derrière, on sent qu'il a mis de lui et de ses connaissances dans les personnages, dans les situations, dans la façon de mener l'enquête. Mais il y a des situations qu'il a dû vivre pour être aussi précis, je pense notamment aux recherches sur le lac d'Avalone, avec les services de plongée de la police. En lisant les remerciements, on apprend qu'il a travaillé avec la Brigade Fluviale de Paris sur la Seine pour pouvoir mieux décrire les scènes qui se passent dans le lac du roman. Tout cet univers qu'il a crée est tellement bien dépeint et travaillé qu'il est criant de vérité. Je verrai bien cette histoire en film, en tout cas, j'ai réussi à me le représenter comme si je la regardais sur un écran.

 

Le titre du roman est vraiment approprié, Surface...la surface d'un lac et ce qu'il s'y passe en dessous ; la surface des gens, de ce qu'ils montrent et de ce qu'ils cachent ; la surface d'un visage, lisse ou plein d'aspérités et de cicatrices qui cachent d'autres plus intérieures. Ce mot « surface » a tellement de significations dans ce roman. La couverture est elle aussi représentative, on comprend vite qu'il s'agit du lac dont il est fait mention dans le roman.

J'ai vécu une lecture en apnée, comme les plongeurs du livre. Comme je l'ai dit plus haut, il commence très fort par l'accident de Noémie. Il est construit en quatre parties, dont les titres (En pleine tête, En pleine campagne, En pleine tempête, En plein cœur) correspondent bien à l'atmosphère du moment. La longueur des chapitres et des phrases va avec le tempo de l'histoire. Au moment de l'accident, ils sont courts, et font ressortir tout le stress que l'on ressent. Lors de l'arrivée de Noémie à la campagne, ils sont un peu plus longs, plus descriptifs, on se pose, on s'installe au rythme de la campagne, et ensuite, ils oscillent selon l'importance des informations. Et j'ai aimé aussi lorsque, au beau milieu du récit et des événements, l'auteur passe en revue dans un chapitre ce que fait chaque protagoniste important, jusqu'au chien, à un instant donné, rajoutant une dose de tension supplémentaire en faisant une sorte de récapitulatif des informations. Une lecture sans temps mort, avec des répits dans la narration, mais courts et importants pour poser les bases. Une lecture haletante, stressante, difficile à décrocher, faisant tout oublier, même l'heure. Et surtout une lecture que j'avais à la fois envie de terminer et de continuer. Je voulais savoir la fin, et en même temps, je n'avais pas envie de quitter Noémie et ses collègues. J'espère sincèrement qu'on la retrouvera dans une autre enquête, c'est un personnage tellement complexe que je pense qu'il peut y avoir d'autres pistes à exploiter.

 

Bon, vous l'aurez compris, ce livre est un énorme coup de cœur pour moi. Tout en restant objective bien sûr, je n'arrive pas à lui trouver un point négatif, à part peut-être un petit détail pour lequel j'aimerais bien avoir une explication, mais c'est vraiment deux fois rien. J'ai accroché au style d'Olivier Norek et je vais très vite découvrir ses autres romans. Je me suis déjà procuré Entre deux mondes et Code 93 que je compte lire sous peu. J'ai été touchée par l'extrême humanité de cet homme, même les remerciements sont à lire et témoignent de cet amour de l'humain qu'a l'auteur. J'espère que j'arriverai à le voir l'année prochaine aux prochains Quais du Polar à Lyon, afin de lui témoigner toute ma gratitude de m'avoir fait vivre de tels moments littéraires. Cette chronique passera certainement inaperçue dans l'océan de toutes celles déjà sur le net, mais je suis vraiment contente d'avoir découvert Olivier Norek, un écrivain de grand talent que je remercie infiniment et que je vous recommande vivement.

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P
Je vois cet auteur partout mais je n'ai encore rien lu de lui. Ça viendra !
Bon weekend pascal.
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M
C'est le premier roman que je lis de lui, par curiosité et aussi parce que la 4ème de couverture m'intriguait. Et je n'ai pas du tout été déçue, je compte bien lire maintenant les précédents ;)
Merci pour votre message !