Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Marie-Nel lit

Gwendoline arrête de fumer de Martine Roffinella

3 Mai 2016 , Rédigé par Marie Nel

Paraît chez Nelson District le 6 mai

RÉSUMÉ

Un contemporain inclassable, halluciné, jouissif, par une grande plume au vocabulaire précis. Martine Roffinella nous livre un roman complètement déjanté, en mode crescendo, rédigé avec la précision chirurgicale d'un esprit malin. Gwendoline, grande fumeuse, tombe sous le coup de la Loi Évin, la loi « anti-fumeurs ». "Le Temps fait ce qu'il veut et les hommes n'en sont que le jouet." nous dit l'auteure. Pour mieux nous interroger : Que se passerait-il si soudain vous, lecteur, vous viviez dans un temps décalé par rapport au reste de l'humanité ? Que feriez-vous de ce temps d'avance, qui n'est tangible qu'à vous seul ? Comment utiliseriez-vous ce « pouvoir » sur vos contemporains ? Un roman à première vue un peu fou, qui s'aborde selon le degré de lecture que chacun souhaite.

MON AVIS

La première chose qui m'a attirée dans ce roman est la couverture qui est en totale contradiction avec le titre. « Gwendoline arrête de fumer » et on voit une jeune femme prenant du plaisir justement avec sa cigarette. Intrigant. Ensuite la quatrième de couverture, où là je me suis demandé le rapport qu'il pouvait y avoir entre l'arrêt du tabac et le Temps !! C'est vrai que, comme il est dit, cela me paraissait un peu flou, comme dans un nuage de cigarette !!

Eh bien, ma lecture m'a fait comprendre toutes ces contradictions. Et en y réfléchissant bien, je les ai trouvées juste par rapport au personnage de Gwendoline. C'est une jeune femme qui, en prenant connaissance de la loi Evin « les fumeurs hors la loi », se sent tout de suite jugée parce qu'elle fume, et donc, va très vite se séparer de toutes cigarettes ou cigarillos, et tout ce qui se rapporte au tabac, d'une façon radicale d'ailleurs !! Il n'y a jamais de demi-mesure avec elle. On le comprend plus par la suite quand on apprend qu'elle souffre depuis sa jeunesse d'un TOC récurrent, qui lui a fait prendre le surnom de « la Trotteuse ». Pourquoi ce nom ? Parce qu'elle est obsédée par l'heure, l'exactitude, pire qu'une horloge. Si une chose se fait à telle heure, elle souffre si il y a un retard ou une avance. Elle-même est toujours à l'heure, et ne supporte pas les gens qui n'y sont pas. Elle a d'ailleurs un travail qui lui convient bien, puisqu'elle règle l'heure !! Une véritable obsession !! et là où cela devient cocasse, c'est qu'elle se rend compte qu'arrêter de fumer la décale dans son temps de la journée de 4 minutes par cigarette, et cela devient très compliqué pour elle de gérer cela !!

J'avoue avoir été séduite par cette femme et sa folie auto-destructrice !! elle m'a fait sourire, voir rire, car elle se crée des situations inimaginables tout cela pour essayer de rattraper un temps qu'elle croit perdu. Elle ne se préoccupe de personne, elle ne voit qu'elle et le Temps et finit par en payer parfois les conséquences.

Martine Roffinella m'a vraiment entraînée dans son histoire, elle a un style très fluide, et ce court roman se lit très vite, je ne me suis pas ennuyée une seconde !! Elle sait intercaler des scènes cocasses avec d'autres plus tragiques. La fin est bien trouvée, je me suis demandée tout le long comment cela allait pouvoir se terminer !

Je pense que chaque lecteur aura sa façon de voir ou de comprendre cette histoire, tellement elle est décalée, et c'est là sa force justement, c'est que nous aurons tous une façon différente de parler de Gwendoline. Et ça, j'avoue que j'aime particulièrement. Alors n'hésitez pas à vous plonger dans cette lecture pour vous faire votre propre opinion.
Je remercie les Éditions Nelson District pour la découverte de ce roman. Je serai peut-être passée à côté sans ce service presse, et cela aurait été bien dommage.

Gwendoline arrête de fumer de Martine Roffinella

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article