La perle et la coquille de Nadia Hashimi

Publié le par Marie Nel

RESUME

Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses sœurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d’une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

MON AVIS

De nouveau, un livre bouleversant sur les conditions de vie des femmes afghanes.

L'auteur nous dresse le portrait de son pays que sa famille a quitté en 1970 pour y revenir en 2002 avec elle. Un portrait à la fois politique, culturel, social et surtout familial. Il retrace donc la vie de deux femmes de la même famille à un siècle d'intervalle. Rahima et son arrière arrière arrière grand-mère, Shakiba, à la fin du XIXe-début XX ème siècle. Tant d'années séparent ces deux femmes et pourtant au fil du roman, on se rendra compte que rien n'a changé, que leur situation est toujours la même !! L'histoire de Shakiba va être racontée à Rahima par sa tante, qui, elle, a réussi à aller à l'école, à apprendre à lire et écrire. Car, bien évidemment, les filles ne vont pas à l'école, ce sont les fils qui s'instruisent.

Rahima est née dans une fratrie constituée que de filles, au plus grand déshonneur de son père, n'ayant pas eu de fils. Elle va, sous les recommandations de sa tante, se transformer en bacha posh, en garçon : couper ses cheveux, s'habiller comme un garçon...et ainsi pouvoir aller à l'école. Son aïeule avant elle, Shakiba, avait fait la même chose, pour aider son père à la récolte. Cela lui sauvera d'ailleurs la vie car ayant un problème physique, tous les hommes l'évitent et elle ne trouve pas de mari, elle va devenir gardien de harem au palais royal. Malheureusement, le stratagème va être découvert pour Rahima ! Son père décide donc de marier 3 de ses filles à une famille de trafiquants voulant se montrer honnête.

Par chapitre interposé, on suit donc la vie de ces deux femmes. Ce qui est troublant et injuste est qu'on va se rendre compte que les avancées faites pour la condition féminine au début du siècle ne vont plus exister au présent. Comme on dit, « un pas en avant, trois pas en arrière » !

Beaucoup de sentiments ont traversé mon esprit pendant cette lecture, la peur, la honte, la peine, mais c'est surtout une grande colère qui m'est restée à la fin. Certaines femmes acceptent et subissent leur vie comme un fardeau, mais celles qui veulent s'en sortir, qui se révoltent, se voient exclues.

Rahima, grâce à un grand courage, une hargne due à tous les événements tragiques vécus, mais aussi grâce à l'instruction (lecture et écriture) reçue, va continuer à se battre, et à se sortir de sa vie cloîtrée, en mémoire de son aïeule, et pour les femmes qui vivent avec elle.

On connaît tous les différents récits rapportés sur les conditions de vie de ces femmes, donc je me doutais de ce que j'allais lire, mais l'auteur a réussi à m'emporter tout de même dans ce pays aux codes stricts, dans la vie de ces personnes, dans leur révolte. C'est un hommage très émouvant sur des générations de femmes subissant le joug des hommes, et qui, malgré nombre de révoltes, ne se sortent pas de ce modèle de vie.

Malgré tout, ce roman se termine sur une note positive, l'auteur nous transmet un message d'espoir. Je souhaite vraiment pour ces femmes, une évolution de leur société !!

Je ne peux que vous recommander ce roman, malgré un sujet difficile, il se lit très facilement et est très addictif. Je n'ai pas vu passer les 500 pages !! En tout cas, on ne peut oublier Rahima et Shekiba...

Merci aux Editions Milady pour ce service presse

La perle et la coquille de Nadia Hashimi

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